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A.N.G.L est DJ. Il est né à Madrid et est DJ depuis plus de vingt ans. Son son est soutenu par le vinyle, un outil qui exige de la concentration et lui offre des sessions plus intenses et organiques. Il ne nie pas le numérique : il l’utilise quand le contexte l’impose ou quand il ajoute, sans faire de chichis.
Le premier contact avec l’électronique a eu lieu en 1993, à l’époque de la Trance. Des labels tels que Bonzai Records, Platipus, Superstition, Over Drive ou Attack Records ont marqué le rythme de ces années. Des clubs comme Specka, Family Club, Industrial Copera ou Over Drive ont été le terrain où il a commencé à comprendre la musique dance de l’intérieur. Au-dessus de certains genres, ce qui restait de cette époque était une attitude : chercher sans relâche, écouter avec des critères et ne pas se contenter de la première chose qui sonnait.
Parmi les noms qui l’ont marqué au début figurent Paul Oakenfold, Cosmic Baby, Jeff Mills, Cristian Varela, Chris Liberator, Reeko, Oliver Ho. De chacun d’eux, il a appris autre chose : la précision, la pureté, le risque, la capacité de construire une histoire derrière la vaisselle.
Sa collection de vinyles n’est pas née de nulle part. La graine était une collection familiale venue d’une boîte de nuit. Cette collection de documents était le germe d’une obsession qui n’a cessé de grandir : collectionner, découvrir, fouiller. Il ne le fait pas juste pour suivre, mais pour un vrai plaisir. La recherche de musique est un long processus, qui nécessite d’investir de nombreuses heures à écouter des sessions d’autres artistes, à retrouver de nouvelles productions en numérique ou en vinyle, à contraster, à les jeter, à accorder.
Quand il joue, il le fait principalement avec deux plateaux Technics. Il préfère utiliser trois, ou combiner le vinyle avec des outils numériques, comme le demande la session. Il travaille sur de longs mixages, laissant les chansons s’enchaîner pendant des minutes, mais il ne se lie pas à une seule formule : si la dynamique l’exige, il place des transitions rapides sans problème. Il aime jouer avec les thèmes, les cacher, générer de la tension avec des sons proches de Reeko ou des rythmes tribaux comme ceux d’Oliver Ho. Son style avec la table est actif, mais pas électrique : il intervient sans être lourd, sans fatiguer, cherchant à ce que chaque mouvement ait du sens dans le parcours.
Leur son actuel bouge en Techno. Les labels qu’il suit et qui servent aujourd’hui de référence sont Planet Rhythm, Backspin, Mutual Rytm et EarToGround. Il n’oublie pas les timbres du passé qui l’ont marqué : T :Classixx, Intec, Primate, Missile ou Lupp. Ce mélange de passé et de présent définit ses critères : il n’est pas nostalgique, mais il sait d’où il vient.
Quant au numérique, il l’utilise lorsqu’il n’y a aucune possibilité de DJer avec du vinyle, comme support dans les sets analogiques ou lors de sessions consécutives où l’autre artiste préfère le numérique et lui reste avec les platines. Il n’y a pas de dogmatisme : il intègre naturellement le numérique, sans diluer le caractère de la session. L’accent est mis sur la musique, pas sur le format.
En dehors de Madrid, sa prestation au Rave Los Bigotes en 2023 se démarque. Il a joué ailleurs, mais il n’en fait pas un point particulier : il préfère que le contexte et la session parlent d’eux-mêmes.
Il travaille actuellement sur plusieurs productions personnelles qui n’ont pas encore été publiées. Télécharge régulièrement des sessions sur Hearthis et SoundCloud. De plus, elle fait partie d’une nouvelle association appelée TechnoTxoko, un projet collectif avec lequel elle partage vision et espace.
A.N.G.L choisit le vinyle non seulement pour le romantisme. Il la choisit parce que cela l’oblige à ressentir davantage la musique, à affiner son écoute, à maintenir vivante une manière de travailler qui récompense la cohérence et le voyage plutôt que l’impact facile. Il le fait depuis plus de vingt ans, et il n’a pas besoin de le souligner.